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Une révolution, l’arrivée de cet autotest ?

Le professeur Jean-Christophe Goffard dirige le centre de référence Sida de l’Hôpital universitaire Erasme (ULB).

Une révolution, l’arrivée de cet autotest ?

Clairement, un outil important parce qu’il permet d’aller vers des gens qui ne franchissent pas les portes d’un centre de dépistage gratuit et anonyme. Parce qu’ils sont trop éloignés de chez eux, qu’ils n’osent pas y entrer ou qu’ils ont peur, à tort, de se faire ficher. Les raisons sont multiples. Ce sont les plus vulnérables qui seront ceux qui pourraient le plus en profiter. Parmi les populations d’hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, les moyens de se dépister sont bien connus et accessibles. Par contre, ce n’est pas le cas pour une série de personnes, comme les africains sub-sahariens, qui vivent dans un contexte de stigmatisation intense, ce qui augmente l’intérêt d’un test discret qu’on peut faire seul. Encore faut-il qu’ils puissent l’acheter, 30 euros, ce n’est pas négligeable. Et l’acheter dans la pharmacie du quartier risque d’être difficile, à cause du risque d’être vu par un autre client. Ce test n’est donc pas une révolution. La révolution, ce serait un dépistage délocalisé, démédicalisé, tel que des expériences prolongées ont prouvé l’efficacité, notamment auprès des milieux festifs, de ceux qui s’injectent des drogues, des travailleurs du sexe, des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Mais la ministre de la santé ne veut plus financer ces actions, pourtant très efficaces. 

Pourquoi ?

On nous avance des raisons de réforme de l’état, qui confie la prévention aux Régions. Moi, je veux bien, mais en maladies contagieuses et virales, soigner c’est prévenir. Où est la différence ? C’est une mauvaise excuse pour ne rien faire. Or, le risque de transmission du VIH est particulièrement important lorsque la charge virale est élevée, particulièrement dans les premiers mois qui suivent l’acquisition du VIH. Un dépistage précoce est dès lors une nécessité non seulement pour le patient mais également en termes de contrôle de la transmission. 

L’absence de ligne directe d’appel vous chagrine…

Oui, parce que le risque n’est pas nul que le patient qui reçoit cette mauvaise nouvelle ne remette à demain la prise en charge de son infection, ce qui est mauvais pour lui mais aussi pour l’épidémie, qui peut se répandre. Si vous pouvez appeler de suite après avoir reçu les résultats du test, notamment pour passer un « vrai test » qui confirmera, ou non, ce premier test indicatif, vous le faites de suite. Si vous devez attendre de joindre une organisation tierce, cela permet de « perdre des gens en route ». Il aurait fallu que l’on mette sur pied au moins un téléphone vert de 8 à 20h… 

Un « vrai test » pour confirmer ? Est-ce à dire que ce test-ci n’est pas fiable ?

Non, pas du tout. Sous réserve qu’il soit bien utilisé, bien sûr, ce test rassure à 100 % quand il dit qu’on n’est pas infecté. S’il dit qu’il est positif, il y a encore beaucoup de « chances » qu’il réagisse ainsi à d’autres anticorps proches de ceux du VIH. En d’autres termes, il n’y a pas de faux négatifs, mais bien quelques faux positifs. C’est un moindre mal…

 


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